Amérique CentraleNicaragua

Nicaragua nous voilà!

Et hop, on passe au Nicaragua, non sans difficulté encore une fois!

Yéoti passe à la fumigation. Un petit bonhomme le vaporise manuellement d’un produit seulement à sa hauteur, en deux minutes c’est réglé! De la poudre aux yeux quoi! Le caissier veut nous faire payer plus cher que le prix annoncé précédemment par ses collègues car le véhicule est gros, c’est une blague ?! Vu comment le traitement a été effectué en plus!! On ne lâche rien, on parlemente et finalement, il accepte de diminuer le tarif. C’est dingue, comme à chaque fois, on essaie de nous faire payer plus parce qu’on est des touristes!

Pour la première fois à l’entrée d’un pays, nous sommes reçus par des infirmières avant d’effectuer toutes les démarches administratives. Elles tiennent un registre des étrangers entrants.

Ensuite, c’est au tour de Yéoti de subir un scanner, une grande première pour lui!! S’en suive de longues, longues minutes d’attente, pratiquement une heure… Impossible de faire quoique ce soit tant que nous n’avons pas les résultats. Le verdict tombe: Yéoti est en pleine forme, il ne cache rien de néfaste pour le pays 😉 . Youhou!!! On peut reprendre et finaliser notre entrée.

Nous avons anticipé et changé nos dollars en monnaie locale pensant faciliter les démarches mais manque de bol, les douaniers refusent nos “cordobas” (monnaie du Nicaragua), nous ne pouvons payer qu’en dollars!!! C’est une blague? Décidément, ils ont un drôle d’humour ici 😉 Nous qui pensions bien faire, et nous trouvions organisés pour une fois et bien on a encore complètement déconnés!! Nous n’avons plus qu’à rechanger une partie de notre argent 🙁 . C’est quand même curieux de ne pas pouvoir payer avec l’argent local, une belle contradiction qui nous a bien “mis les boules” !!

Encore, un passage de frontière un peu long et compliqué… Nous sommes encore restés plus de deux heures avant de pouvoir entrer dans le pays.

Nous nous rapprochons après tout cela d’un village pour passer notre première nuit. Le lieu est paisible, les filles sympathisent avec Marie- Alice et Arlando, des enfants du village; tous les deux sont très tristes lorsque nous levons le camps le lendemain. 

Nous roulons sur des kilomètres à travers des champs de tabac… Si on allait voir cela de plus prêt?

C’est à Esteli que nous allons. Dans cette ville, il y a des dizaines de fabriques de cigares.

Nous arrivons à l’heure du déjeuner, on se joint aux ouvriers dans une baraque au bord de la route pour manger un bout. On est directement dans l’ambiance, en plus c’est très bon et pas cher!

La tabacalera “Perdomo” accepte de nous ouvrir les portes de son entreprise. Wahou!! Génial. Sitôt les portes poussées, une odeur de cigare nous prend au nez. La directrice nous accorde de son temps pour nous faire visiter et répondre à toutes nos questions.

Nous entrons dans la pièce où 130 personnes s’activent à la confection des cigares. A chaque table se trouvent un homme et une femme. Les hommes “fabriquent” les cigares en pliant et roulant plusieurs feuilles de tabac tout en respectant un certain calibrage alors que les femmes collent l’ultime feuille pour la finition, un travail demandant de la minutie et de la précision.

On passe ensuite dans la pièce où les personnes, en majorité des femmes, finalisent les cigares après qu’ils soient passés au contrôle qualité. Elles collent les étiquettes puis les mettent dans des conditionnements. Dans cette pièce il y a des brumisateurs un peu partout pour maintenir l’humidité des cigares.

Cette fabrique emploie 2000 personnes; elle fait pousser, cultive les feuilles de tabac et fabrique les cigares pour ensuite les distribuer. Toute la production est destinée à l’exportation: 80% pour le continent américain et 20% pour l’Europe.

La majorité des ouvriers travaillent dans les champs, ils sont environ 300 à s’atteler à la fabrique du cigare. Ils en fabriquent 70000 par jour, une véritable industrie!

Les employés travaillent de 7h à 17h30 du lundi au vendredi et sont payés au nombre de cigares confectionnés sur une journée. Chacun s’atèle à sa tâche avec beaucoup de dextérité, de concentration et de professionnalisme, il n’y a pas un bruit dans les pièces. 

Pour continuer dans l’ambiance, on campe gracieusement pour la nuit chez Brenda et Julio, une américaine et un cubain très sympathiques vendant des cigares. Ils ouvrent leur parking  gracieusement pour accueillir des voyageurs. 

Notre visite à la Finca “La Canavalia”

Notre GPS nous envoie d’abord sur un chemin qui s’avère inaccessible avec notre camping-car après avoir gravi la montagne et parcouru une dizaine de kilomètres de piste très rocailleuse.

On arrive dans un village où les gens nous regardent d’une façon peu rassurante. L’un d’entre eux, bien éméché s’agrippe à la fenêtre de notre camping car. Il nous réclame de l’argent, on lui donne quelques vivres mais il s’en fiche! Pour la première fois, nous lâchons un peu d’argent, on n’a aucune envie de s’attarder ici. Nous parvenons à nous extirper malgré qu’il nous en réclame davantage. On fait chemin inverse et prenons une autre route. Quelle aventure!!

On refait de la piste montagneuse, sur l’autre versant; dur dur… le temps file, le soleil commence à baisser mais Yéoti ne faiblit pas, ouf!

On parvient enfin à cette finca, perdue dans la montagne. La nuit est tombée et la porte est fermée. 🙁  On se renseigne auprès de villageois vivant à quelques mètres. Un gardien doit être présent sur les lieux; Ok, alors on insiste, on fait du bruit, on appelle. Nous n’avons pas le choix, on ne peut pas faire chemin inverse ce soir; la route est trop périlleuse, et puis on irait où, nous n’avons pas de solution de repli!

Un jeune homme apparaît, nous sommes soulagés. Après les présentations et quelques explications, il appelle son patron pour avoir son accord afin que nous puissions garer Yéoti pour la nuit sur son terrain. Tout est OK et on pourra visiter la finca demain matin.

Notre nuit est un peu agitée, nous ne sommes pas très rassurés après notre aventure dans le précédent village… En pleine nuit, nous entendons du bruit sur notre camping car, le chien de la propriété  jappe. Thomas sort en même temps que le gardien armé d’un fusil. On ne sait pas ce que c’était peut être simplement le chien cherchant à manger? Bien vite le lendemain…

Dès le réveil, le gardien nous attend, c’est lui qui nous fera la visite. En pleine journée, dans un autre contexte, le lieu n’est plus “effrayant”, il est même plutôt agréable. Nous  nous trouvons dans un écrin de verdure. Le gardien (dont nous avons oublié le nom) nous explique que nous sommes les premiers touristes à revenir ici depuis le mois d’avril 2018, mois correspondant au début de la crise dans le pays. 

Il est sympathique et nous accorde une visite de plus d’une heure et demie à travers la propriété; et encore c’est nous qui écourtons car on souhaite reprendre la route. Cette finca regorge d’arbres fruitiers, elle produit du cacao, du café, ils récoltent des bananes avec plus d’une dizaines de variétés différentes et cultivent des frijoles (haricots).

La finca employait une centaine de personnes avant la crise, à présent, ils ne sont  plus que 30.

Forcément, ils ne peuvent plus tout faire. Les fruits pourrissent sur les arbres… Les employés encore présents s’organisent et tournent sur les différentes tâches à effectuer. Ils  s’occupent du café puis ensuite du cacao… bref, une véritable organisation pour essayer d’en récolter quand même un maximum, tout ça sur des dizaines d’hectares.

Depuis le début de la crise,  ils n’exportent plus du tout. La vie est vraiment difficile au Nicaragua d’après notre guide.

Il est très intéressant et connait énormément de choses sur toutes les plantes; c’est un vrai passionné, il nous emmène dans son univers à chaque pas effectué.

Par contre, les lieux traversés sont désolants, tous les bâtiments sont laissés à l’abandon.

Avant il y avait beaucoup de touristes, il y avait des logements, un restaurant, ils élevaient un certain nombre de poules et avaient une production conséquente d’œufs par jour (par dizaine de milliers); aujourd’hui, ce bâtiment est vide, abandonné, il reste quelques poules élevées ailleurs et surveillées jour et nuit par le gardien. Si nous n’avions pas croisé quelques travailleurs, on aurait cru visiter une “finca fantôme”. 

L’ambiance est assez étrange mais surtout désolante… On se prend de plein fouet la réalité actuelle du pays lors de ce tour!

De retour à notre camping-car, nous découvrons deux hommes en train de trier les grains de café à la main, un travail titanesque. On prend le temps de trier un peu avec eux!

Puis, on reprend ensuite la route pour rejoindre la côte pacifique située à plusieurs centaines de kilomètres de là. Nous ne nous sentons pas très à l’aise dans cette région.

Sur le trajet, nous voyons avec stupéfaction des gens vendre des iguanes, des oiseaux et même des singes ! On croit halluciner !!

Nous arrivons à destination encore une fois la nuit tombée, impossible de rejoindre le spot trouvé; les locaux nous le déconseillent car nous ne pourrons pas passer avec Yéoti, il y a beaucoup trop de sable!! Une voiture est effectivement coincée.

Ils nous accompagnent à un autre endroit en bord de plage pour passer la nuit 🙂 et nous indiquent une autre route à prendre le lendemain pour y arriver sans encombre.

Grâce aux conseils comme espéré, nous atteignons le camping “Luna”

Nous posons enfin nos bagages pendant 4 jours. Le camping est très rudimentaire mais l’ambiance est chaleureuse, détendue et le propriétaire super sympa. Les personnes présentes sont là uniquement pour faire du surf. C’est “zen attitude” !! 

On se ressource, on souffle un peu, on se sent bien ici et on profite des joies de l’océan avec ses gros rouleaux, ses plages immenses… Parfait avant de passer une nouvelle frontière. Nous sommes seulement à 1h30 du Costa Rica.

On en profite pour fêter mon anniversaire aussi; les filles me cuisinent un excellent gâteau et m’offrent leurs créations toutes plus jolies les unes que les autres!! 😉

Les plus téméraires, (on a dû stopper Oneylia prête à monter sur une planche aussi !) Thomas, Elony et Yoline essaient le surf, une grande première pour chacun.

Les conclusions sont unanimes “c’est difficile et pas vraiment pour eux !” 😉 .

Il faut avouer que pour une première l’océan ne les a pas aidé et les a retourné dans tous les sens! 😉

Une réflexion au sujet de « Nicaragua nous voilà! »

  1. C’est magnifique ! Il y a vraiment de beaux paysages et la plage fait rêver 🙂 Comment se porte votre espagnol à présent ? Vous êtes pratiquement bilingues maintenant ? … Des bises les amis ! (et joyeux anniversaire en retard 🙂

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