Amérique CentraleNicaragua

Notre dernière semaine au Nicaragua

Après notre aventure au parc aquatique, on file sur la côte pacifique et nous arrêtons à Miramar.

On est charmé par ce petit village. Les gens sont très accueillants et souriants malgré une pauvreté évidente. Cet endroit est réputé pour le surf.

On stationne Yéoti au bord de la plage juste à côté d’une cabane qui s’avère être un bar. On le découvrira plus tard lorsque les jeunes viendront faire la fête. 😉 Le gérant, un jeune homme d’une vingtaine d’années, très sympathique dort même sur place derrière le pseudo comptoir avec pour porte un simple morceau de plastique et quelques bouts de tôle en guise de mûrs mais avec une vue imprenable sur l’océan… Il a l’air heureux ! Et il accepte sans aucun problème qu’on se gare juste à côté.

Voilà de nouveau un lieu comme on apprécie. Par contre, pour la baignade, c’est râpé ; l’océan n’est pas très “sécure”, les vagues sont énormes et il y a beaucoup de courants. Vive le surf !!! Mais pas pour nous 🙂

A défaut de baignades, on privilégie des tours dans le village. Allons voir ce qui se passe, allons nous plonger dans l’ambiance !  On rencontre les locaux, les enfants qui grimpent dans les arbres et hop Yoline les rejoint. 😊

Un peu plus loin, à notre passage, des gens nous interpellent. Ce sont des californiens occupant une grosse bâtisse face à l’océan; des fans de surf! Ils nous invitent dans leur demeure pour partager quelques verres. Nous restons un moment à jouer aux cartes Et profitons d’un splendide coucher de soleil sur l’océan.

Le lendemain, on rencontre Juanita et Luis, un couple nicaraguayen venu se ressourcer à l’océan pour la journée. On les intrigue, on discute, on sympathise. Juanita a sa plus jeune fille qui est partie vivre en Espagne. Ils nous expliquent que beaucoup de nicaraguayens ont fui le pays l’année dernière pour rejoindre le Costa Rica, les Etats Unis ou encore l’Espagne.  Ils nous invitent à venir chez eux à Nagarote, une ville située à une trentaine de kilomètres de là.

C’est parti au réveil, direction Nagarote. Luis nous fait visiter la ville; une ville bien agréable avec beaucoup de charme. Les rues sont propres, les bâtiments plein de couleurs et la place très animée où il y a de superbes jeux pour enfants. Il nous mène jusqu’au mirador. De là, nous avons une vue panoramique sur l’ensemble de la ville et voyons un volcan au loin. Luis nous fait part de ses impressions lors de sa dernière éruption qui remonte à quelques années. On en frissonne rien que de l’entendre

Nous passons le reste de la journée à discuter en savourant des mets typiques. Tous les deux nous éclairent un peu sur la situation du pays. Ils nous racontent ce qu’ils ont vécu il y a quelques mois; la violence, les barrages, les tirs… Luis s’est fait tiré dessus en rentrant du travail car il a passé un barrage. Heureusement, il n’a pas été touché mais ils sont restés plusieurs jours cachés et calfeutrés dans leur maison. Ils ne pouvaient plus sortir. Il y avait trop de violences à l’extérieur. C’est avec beaucoup d’attention, de compassion et d’émotion que nous les écoutons. Nous passons une soirée agréable et émouvante en leur compagnie à partager.

Nous campons devant chez eux et reprenons la route le lendemain après avoir pris un petit déjeuner local que Luis, Thomas et Yoline sont allés chercher à bord d’un tuc tuc. Yoline était ravie! 🙂 .

Juste avant de partir, ils nous offrent un nouvel autocollant pour Yéoti; un bel autocollant représentant l’emblème de la ville spécialement réalisé pour nous!

Encore un grand merci à vous, Juanita et Luis; merci d’être vous même, merci pour votre accueil et votre générosité. 😉 On espère qu’on se reverra un jour, peut être en Europe 

Nous voici à présent à Léon, 2ème ville la plus importante après Managua.

Historiquement la première ville de Léon a été construite en 1523 au bord du lac Xototlan par le même conquistador qu’à Granada . Mais le volcan Mombacho ne l’entendait pas de cette manière et a détruit la ville lors de ses nombreuses éruptions. Les habitants ont décidé de déplacer la ville un peu plus à l’écart de la chaîne volcanique mais pas suffisamment car à présent, c’est le Cerro Negro qui la menace par ses fumées et ses gaz toxiques lorsqu’il se réveille.

La ville a été plusieurs fois la capitale du pays lorsque les libéraux ont pris le pouvoir , opposée à Granada, sa grande rivale plus conservatrice .

Elle a une réputation de révolutionnaire et de résistante face à l’envahisseur nord américain.

Nous commençons la visite par le marché où se mêlent comme d’habitude des odeurs en tous genres, des couleurs et un bruit si caractéristique de ce genre d’endroit. On en profite pour manger quelques spécialités locales pour trois fois rien, un régal ! 😉 Qu’est- ce- qu’on aime cette animation et cette ambiance!

C’est jour de fête aujourd’hui, la place principale est très animée, il y a des stands et des danses folkloriques. 

Plus loin, on monte sur les toits de la cathédrale fraîchement repeinte en blanc. C’est assez rare de pouvoir accéder aux toits des cathédrales et encore plus de s’y promener! La vue sur la ville de là haut est superbe, on peut voir la chaîne des volcans.

De l’autre côté de la place, un homme nous interpelle pour visiter le “museo de la révolucion”. On hésite un moment; le bâtiment est en très mauvais état et de “drôles” de gars sont assis sur les marches d’entrée. Mais, bon… ça nous intrigue! Allez on y va. On franchit les portes déterminés, nous voilà dans une autre dimension; directement plongés dans l’ambiance révolutionnaire! Le bâtiment est totalement délabré, il y a des trous  de balles un peu partout dans les murs.

Notre 1er guide a des origines indiennes, c’est un ancien guérillero. Il nous confie que sa famille a lutté contre l’envahisseur espagnol et que lui-même continue la lutte contre le nouvel envahisseur nord américain.

Sur le toit, il nous montre où il se trouvait lorsqu’il a reçu une balle dans la jambe et une autre dans l’épaule pendant les affrontements avec l’armée dans les années 80. Et oui, nous avons commencé notre tour par une promenade sur le toit recouvert de tôles parfois percées. Attention où on met les pieds!

Il insiste sur le fait que Léon a toujours été la première à se soulever contre les régimes autoritaires et l’ingérence des américains. Et Elle a toujours triomphé même l’année passée. Le soulèvement contre le gouvernement est pour lui encore un coup monté par des puissances étrangères pour faire tomber le gouvernement socialiste du “camarade Ortega”. Il nous fait vivre l’histoire à travers son récit.

La suite du musée retrace l’histoire de la guerillera nicaraguayenne depuis Augusto Sandino qui a été le 1er à prendre les armes en 1927 et le 1er a être assassiné également, jusqu’à Daniel Ortega et le parti révolutionnaire FSLN.

Nous avons bien fait de rentrer dans ce musée, de ne pas s’arrêter sur des a priori non fondés. Nous y avons appris beaucoup et avons vécu une expérience concrète auprès de ces gens passionnés par l’histoire de leur pays, la lutte pour la démocratie et la liberté! “Hasta siempre la revolucion!”

Fatigués par toutes ces découvertes, nous reprenons Yéoti pour rejoindre le ranch d’Axel et Evy situé à quelques kilomètres de la ville. On fait connaissance avec ce couple et leurs deux filles, Liv et Angelina. Axel est nicaraguayen et Evy brésilienne. Ils ouvrent leur jardin aux voyageurs.

On passe de bons moments en leur compagnie et les filles apprécient de jouer avec les leurs.

Après deux jours à visiter Léon, on décide de faire une excursion sur le volcan Cerro Negro

Evy et Axel connaissent une personne organisant des tours pour faire de la luge sur le volcan. Cool !! Ils passent des coups de fils et nous réservent nos places pour le lendemain.

On retourne à nouveau à Léon pour rejoindre le point de RDV. On monte à l’arrière d’un gros camion équipé de banquettes avec plus d’une vingtaine voir une trentaine de jeunes adultes. Nous sommes les plus vieux et nos filles les plus jeunes!! 😊

On retrouve par hasard le jeune couple de polonais rencontrés dans le jardin d’un hollandais juste avant de quitter le Costa Rica pour entrer au Nicaragua. Ah… Le voyage… la découverte et le partage des cultures ! 😉

Nous voilà partis sur les routes cabossées à bord de ce camion. Nous sommes ballottés dans tous les sens pendant plus de 45 minutes. Après avoir traversé la ville, nous roulons sur un sentier de sable, nous dégustons avec la poussière!

Nous nous enfonçons à travers la végétation pour nous rapprocher du volcan, et apercevons des feux un peu partout; ils semblent loin. On s’interroge mais les guides n’ont pas l’air de s’inquiéter alors on essaie de faire abstraction. On arrive enfin  à l’endroit tant attendu. Nous descendons tous du camion et entrons dans le bâtiment. On s’acquitte d’un droit d’entrée sur le site puis nos guides nous donnent à chacun un masque et un sac contenant une combinaison. On remonte dans le camion, on doit encore rouler un peu. C’est reparti  pour quelques minutes.

Ça y’est on arrive. Chacun prend son équipement donné juste avant. On demande aux guides de porter nos luges car l’ascension avec les filles semble difficile. On a bien fait !! La randonnée est très physique, on gravit la roche volcanique, les cailloux glissent sous chacun de nos pas. On doit parfois s’aider des mains. On escalade… Plus nous montons, plus le vent souffle, nous avons même du mal à rester debout parfois! Oneylia, Yoline et Elony restent assises et tentent de se protéger lors des pauses.

On marche ensuite sur “l’arrête” du volcan, on aperçoit de la fumée en contre bas dans le cratère, le vent souffle de plus en plus fort, on s’accroche les uns aux autres. Mais on ne défaillit pas, les filles s’en sortent même très bien, elles se surpassent! 😉

Après une marche de plus d’une heure avec toutes les pauses récupération, explications et séances photos, on parvient au sommet. Les filles ont droit à des applaudissements de la part du groupe à leur arrivée au sommet ! 😊 Bravo les Poulettes !!

De là, la vue est superbe mais les fumées que nous avons vu lors du trajet en camion ont grossi et sont bien noires maintenant. On s’interroge à nouveau… Mais nous essayons de rester concentrés, il va falloir descendre le volcan en luge maintenant. C’est un peu flippant quand même! On descend les uns après les autres. Thomas s’élance avec Yoline puis c’est au tour d’Elony et enfin d’Oneylia et moi. Quelles sensations!!! On descend à pic, équipés de nos combinaisons, de nos masques et de nos foulards pour nous protéger de la poussière. Youhouhou!!! Wahou!! Personnellement j’étais quand même contente d’arriver en bas.

On assiste à un magnifique coucher de soleil avant de reprendre la route en sirotant une boisson offerte par nos guides.

Sur le chemin du retour, la nuit est tombée. On traverse à nouveau cette végétation. Nos craintes se sont confirmées. La végétation tellement aride s’est bel et bien enflammée durant notre périple. Nous roulons maintenant à travers des feux plus ou moins gros, le camion accélère, on est encore plus secoué mais on ne peut pas s’attarder. Vite, vite… On sent la chaleur de tous côtés  et cette fumée qui nous prend le nez. Heureusement nous avons gardé nos foulards.

Quelle journée riche en émotions mais une belle journée qui nous laissera des souvenirs inoubliables !

Notre étape chez Patrick

Après une longue journée de route, on fait une pause chez Patrick et Lliana avant notre passage au Honduras. Nous sommes épuisés.

Patrick est français et vit au Nicaragua depuis une vingtaine d’années. Il partage sa vie avec Lliana et ils ont un p’tit schtroumf débordant d’énergie âgé de 7ans. Patrick gère une société de travaux publics. Ils nous accueillent sur leur terrain.

Demain, Patrick doit livrer une pelleteuse dans une mine d’or. Il convie Thomas à s’y rendre avec lui. Bon, Ok… On avait prévu de passer la frontière du Honduras demain, tant pis, une telle invitation ne se refuse pas, nous n’avons aucune urgence, le Honduras nous attendra bien encore une journée !

« Le matin, comme prévu, Patrice nous emmène (Thomas et Yoline) dans son vieux 4×4 Toyota, c’est un modèle de 1978. La benne à l’arrière a été refaite mais le reste est d’origine, il est splendide et tourne comme une horloge, il grimpe partout sans sourciller. Je veux le même ! 😉

Nous partons direction les mines d’or, pas très loin de chez lui. Patrice travaille là-bas. Quand nous arrivons devant beaucoup d’hommes se tiennent là, certains armés de fusils à pompe. Ils nous toisent du regard, au dessus d’eux flottent un drapeau du parti révolutionnaire FSLN. Si j’étais seul, je crois que j’aurai tourné les talons sans demander mon reste. Mais dès que Patrice descend de voiture, la plupart des hommes le salue, ils nous sourient maintenant et les discussions commencent.

Ces mines d’or étaient exploitées il y a plusieurs dizaines d’années, mais à cause des guerres successives, elles ont été peu à peu abandonnées. Aujourd’hui que la région  va mieux, des hommes regroupés en coopérative les ont rouvertes.

Patrice, grâce à sa grosse pelle mécanique est chargé de dégager le terrain jusqu’au puits où là, les hommes creusent au marteau piqueur et dégagent à la main en suivant le filon jusqu’à plus de 30 mètres sous terre. Les gravats sont ensuite revendus à une autre société (tenue par un espagnol), celle-ci se charge de séparer les pépites d’or de la terre. Elle utilise pour ça de sympathiques métaux : mercure ou cyanure, toujours en vente libre ici… Et ne demandez pas où sont rejetées les eaux polluées ! Pensez-y quand vous achetez des bijoux en or 😉

Ce fût une plongée dans un monde différent où certains tentent de s’enrichir sur le dos des autres qui pensent juste à faire survivre leurs familles, le tout dans un mépris total de l’environnement et sans aucun contrôle des pouvoirs publics inexistants sur ces terres arides et reculées.”

De mon côté, je m’amuse un peu moins. La tourista m’a eu! Il fait encore 38°, sans air et Yéoti garé en plein soleil, j’agonise… ☹ On a bien fait de rester encore une journée !!

Dès son retour Yoline accompagnée par Oneylia profitent du reste de la journée pour jouer avec les enfants de la famille et du village… Elles sont ravies de partager des jeux avec d’autres enfants de leurs âges et de pouvoir faire du vélo.

Dans l’après-midi, on décide d’aller se rafraîchir dans la rivière coulant un peu plus bas. Pour le rafraîchissement, c’est raté! Le rio, enfin ce qu’il en reste est chaud, de la soupe ! Je ne résiste pas bien longtemps au soleil et retourne me coucher accompagnée par ma grande poulette laissant Thomas avec tous les enfants. Ils barbotent un moment car même si l’eau est chaude, le simple fait d’être mouillés fait du bien. 

Patrick et Lliana nous convient à leur table ces deux jours. Nous passons encore des moments agréables à converser… Merci à vous aussi pour cet accueil !

2 réflexions au sujet de « Notre dernière semaine au Nicaragua »

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