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Notre retour au Guatemala

On se décide mi avril à remonter au Guatemala. Quelle chance, le poste frontalier regroupe dans un même bâtiment les douaniers guatémaltèques et honduriens.

Résultat, nous battons notre record de passage de douane !! 😊  Une heure de démarches et hop c’est réglé, à nous le Guatemala !!

Et, pour couronner cet exploit, l’ambiance est d’une « zenitude » absolue, les douaniers sont super sympa, il n’y aucun marchand ambulant quelque peu insistant… un passage vraiment cool.

On prend en stop deux « troubadours » honduriens à la frontière, ils souhaitent rejoindre le lac Atitlan pour y passer quelques jours. Ça tombe bien, c’est notre direction. Ils partagent notre route pendant plus de 3 heures et rythment le trajet par des morceaux de Manu Chao à la guitare. Sympa !

C’est à Antigua que nous faisons notre première étape dans le pays.

On trouve un terrain de camping aux abords de la ville. Heureusement, car ses ruelles sont encore une fois bien trop étroites pour qu’on s’y aventure avec Yéoti. Nous essayons d’être un peu plus raisonnables maintenant, en tenant compte de nos expériences précédentes 😉

Yéoti en sécurité, nous partons arpenter la ville. Il y a de l’effervescence, beaucoup d’effervescence. Des personnes décorent le sol devant les églises, ou dans certaines rues. Elles font de superbes dessins à l’aide de pochoirs, de sable et de copeaux de bois colorés. Toutes ces couleurs sont magnifiques et chaleureuses. Elles viennent s’ajouter aux couleurs très vives des marchés et des façades des maisons.

Pourquoi font-elles ça ? Ces parterres décorés se situent sur le chemin de la procession. On s’explique…

Durant la « Semana Santa », il y a ici des défilés tous les jours et à n’importe quel moment de la journée. Des centaines de personnes forment un cortège, les hommes sont habillés pour la plupart en longue robe à capuche violette et les femmes en noir et blanc avec un voile en dentelle sur la tête et des gants.

Ces personnes portent des « chars » en bois représentant des scènes de la bible. Les scènes avec Jésus sont portées par les hommes et celles représentant Marie par les femmes. Les chars paraissent lourds, les porteurs semblent souffrir…

Dans le cortège, d’autres personnes de tous âges confondus embaument l’air à outrance avec de l’encens. La fumée et l’odeur sont parfois tellement fortes que nous sommes obligés de nous protéger les narines et les yeux ! Il faut que ça fume… Dès qu’un encens s’éteint un peu, quelqu’un est là pour le réalimenter rapidement.

Ce défilé, rythmé par une musique répétitive et peu entraînante, voir même plutôt lancinante passe sur les décors créés durant des heures avant; puis ces œuvres sont sitôt retirées à coups de pelles après avoir été piétinées. 

Des milliers de personnes sont là à regarder, à prier sur son passage et à refermer ensuite la marche.

Nous restons finalement 3 jours à Antigua, bloqués par ces différents cortèges. Chaque jour, il y en a un nouveau, toujours un peu plus « fou » d’un point de vue décorations, chars, monde… Plus, les jours avancent dans la semaine plus la foule grossit.

L’ambiance est très particulière, voir même un peu étrange pour nous qui n’avons pas l’habitude de vivre de tels moments, de ressentir autant de croyances réunies, c’est une expérience unique.

Mise à part ces processions, nous découvrons aussi une jolie ville coloniale avec ses maisons très colorées (comme souvent au Guatemala), des bâtiments très bien entretenus… On prend le temps de visiter sa somptueuse bibliothèque et ses différentes expositions temporaires. 

Mais, l’envie de partir et de retrouver un peu plus de calme se fait sentir pour toute la famille…

Les routes sont toujours un peu difficiles au Guatemala. On rejoint le lac Atitlan en 3heures alors qu’il se situe seulement à 90 kms.

A ce moment là, nous n’imaginions pas qu’ici aussi ça allait être le bazar! On tourne et vire pour garer Yéoti. Les endroits accessibles font flamber les prix… Heu, non merci !! Impossible pour nous de dépenser autant d’argent (+/- 45 euros) pour un bout de parking, question de principe.

Après, avoir tourné et retourné dans la ville, nous trouvons enfin une place sur le terrain de foot situé un peu en retrait; tant mieux. 

Malgré, les kilomètres, c’est aussi l’effervescence ici. On découvre que cette semaine sainte est festive dans tout le pays et attire des milliers de visiteurs. Se promener avec autant de foule n’est vraiment pas pour nous. Impossible de découvrir réellement quoique ce soit, on piétine au milieu de tous ces gens. 

Nous profitons un long moment de la fête foraine. Elle nous plonge dans une autre époque, on adore! Les manèges sont tournés manuellement, la grande roue est mise en marche par un homme sur un tracteur, beaucoup d’attractions sont “rafistolées”, rouillées… On savoure, on en teste certaines, on s’amuse !! Mais, on ne peut pas rester éperdument ici. Le lac Atitlan ne se résume pas à la fête foraine. 

On marche un peu sur ses rives mais personne n’apprécie réellement. “C’est un lac quoi!” nous disent les filles. Effectivement, c’est un lac mais avec un certain charme tout de même. Il y a trois volcans culminants à plus de 3000 mètres d’altitude qui percent l’horizon de l’autre côté de la rive. La vue est superbe mais les bords du lac ne sentent pas très bon et sont très sales. Nous n’avons pas trop envie d’y mettre les pieds; un “joli” lac certes, mais bien pollué.

C’est décidé, demain nous mettons les voiles et suffisamment tôt pour ne pas nous retrouver coincer comme à Antigua!

Le lendemain, nous sommes réveillés à 6h30 par des secousses du camping car; zut même avant la sonnerie du réveil ! Des enfants sont montés à l’arrière pendant que d’autres font bouger Yéoti. Ils sont surpris de nous voir en sortir! Et là, nous sommes surpris à notre tour de voir que malgré une heure très matinale, il y a déjà beaucoup de monde. Des dizaines de guatémaltèques continuent de descendre des cars; ça n’arrête pas d’affluer. Vite !! Si on veut partir c’est maintenant.

On replie tout et on s’en va… enfin on essaie.

On emprunte la seule route possible. Les voitures roulent à double sens mais des véhicules sont garés ce qui nous oblige à slalomer, quand on peut. Nous roulons quelques mètres et nous retrouvons coincés face à des bus, des voitures et bien sûr plusieurs véhicules derrière nous, impossible de faire quoique ce soit. Le B…..bip !! 🙁

On parvient à s’extirper de là, après une heure d’attente et quelques manœuvres avec le soutien des locaux. Une telle situation chez nous, en France, aurait rendu les gens dingues voir agressifs alors qu’ici (comme dans tous les autres pays traversés), les gens patientent, donnent des coups de main, des conseils, plaisantent, aucun stress… quoiqu’il arrive, il y a une solution, ce n’est pas la peine de se prendre la tête et encore moins de s’énerver.

Le voyage nous apprend à rester plus “zen”, on laisse faire le temps… mais là, particulièrement aujourd’hui, nous avons tout de même bien envie de partir au plus vite!

On préfère quitter rapidement le Guatemala après seulement 6 jours. Ça change un peu nos plans tout ça!

Toute cette effervescence de la semaine sainte ne nous donne pas envie de rester davantage.

Bien dommage car le pays est magnifique, très montagneux, très vert. Il rayonne d’une multitude de couleurs chaleureuses et les locaux sont toujours souriants, aidants. Il y a tellement de beaux endroits à explorer et de personnes à rencontrer.

Avec l’accumulation des 8 mois de voyage, toute la famille est atteinte de “fatigue aiguë” ces derniers temps; un léger vide psychologique s’est emparé de nous.

Quoique l’on puisse penser, un voyage au long court en camping car n’est pas de tout repos loin de là même (rien à voir avec des vacances de quelques semaines). Chaque jour, il faut s’adapter à un nouvel environnement, trouver un endroit pour dormir… une improvisation quotidienne. Tous les 3/4 jours, nous devons trouver des solutions pour remplir nos réservoirs d’eau, vider nos toilettes, faire les courses… sans oublier bien évidemment entre temps de faire des visites, des sorties culturelles, découvrir, rencontrer (ça c’est tout de suite plus gai!), trouver pour laver notre linge…

Mais au bout de 8 mois, on se sent fatigué, essoufflé. On a envie de se laisser plus le temps de découvrir sereinement, de se poser dans un endroit tranquille… Et bien c’est râpé! Le fait de se retrouver au milieu de toute cette agitation, nous incite à nous renfermer sur nous-même, on n’a plus envie d’aller vers l’autre, on a juste envie de calme.

C’est le moment pour nous de nous éloigner de tout ce brouhaha pour essayer de repartir sur de “bonnes” bases, pour que chacun retrouve cette envie de découvertes et de rencontres.

Peut être qu’à un autre moment dans notre aventure, nous aurions plus apprécié ces festivités ?

Allez assez discuté, on s’en va !

On traverse des petits villages de montagne pour rejoindre la frontière mexicaine par le Chiapas. 

On rencontre sur notre trajet une famille en bord de route avec qui on prend le temps de discuter un moment. On intrigue tous les membres et Yéoti encore plus! Les plus curieux d’entre eux osent monter à l’intérieur pour découvrir ses entrailles et ses secrets. 

Parmi eux, il y a deux filles plus petites que les nôtres. On en profite alors pour leurs donner les vêtements et les chaussures de nos filles devenus trop petits. C’est comme si on leurs offrait la lune; Jamais nous n’oublierons ces regards… 😉

Bye bye le Guatemala, peut être qu’un jour on reviendra… Mexique nous revoilà!

3 réflexions au sujet de « Notre retour au Guatemala »

  1. Joyeux anniversaire Elony. Nous te faisons plein de gros bisous. 😍😍😍😘😘😘😘🎶🎶🎶

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